Pause Café #8 :En littérature, j’aime… / j’aime pas… !

On se retrouve ce matin pour cette Pause-Café #8 ! Deux mois que nous nous retrouvons un samedi sur deux pour échanger de manière plus informelle sur nos lectures, nos habitudes, nos goûts… J’aime toujours autant ces moments d’échange, et guette à chaque fois, avec impatience, vos retours ! On va parler de ressentis personnels ce matin, de nos goûts ! Ils sont tous dans la Nature, ça promet d’être riche en échanges 😀  Dans les livres, qu’est-ce que vous adorez par-dessous tout ? Et a contrario, qu’est-ce que vous n’aimez pas du tout et qui vous fait grincer des dents ?

Ce matin, j’avais envie de vous demander quels étaient les éléments que vous adoriez trouver dans un livre. Qu’aimez-vous particulièrement ? Avez-vous des attentes particulières avant de commencer votre lecture, d’ailleurs ? Y a-t-il des aspects spécifiques qui vous procurent un sourire de satisfaction et que vous espérez trouver dans les pages de votre livre ?

Et a contrario, qu’est ce qui, pour vous, est rédhibitoire ? Vous savez, un truc que vous détestez par-dessus tout voir/trouver dans un livre. Mais peut-être n’avez-vous pas de panneau interdit et laissez-vous une chance à tous les livres ? 🙂

En ce qui me concerne, il y a pas mal de choses qui me font fondre, mais pas mal aussi qui figurent sur une liste rouge.

Pause Café #8 : Ce que je déteste trouver dans un livre

Autant commencer par le négatif 🙂 Et je vous soupçonne de le deviner.

Je DETESTE les fautes, quelles qu’elles soient. Orthographe, conjugaison, grammaire, syntaxe… ça m’HORRIPILE. Pour moi, un texte avec des fautes c’est très mal barré pour lui (et je dis bien DES fautes hein. Je ne fais pas un caca nerveux pour une ou deux coquilles qui se battent en duel).

Hormis ça, je n’aime pas :

Les stéréotypes. Les beaux gosses torturés, craquants et ténébreux, faussement nonchalants au regard de braise pour faire fondre le personnage féminin, pâlotte, anodine, qui n’a rien pour elle mais qui se révèle badass et sacrément sexy : GNGNGNGNGN. Les Delena, Dramione et Belledward sont déjà passés par là, pas besoin de réinventer la poudre.

Le langage oral et appauvri de la vie de tous les jours. Je suis autant agacée par les tics de langage («de base », « genre », « sérieux », stylé » …) que par la pauvreté abyssale du vocabulaire dans beaucoup de livres. Ça peut se justifier dans certains cadres, mais ça ne me plaît pas pour autant.

Les facilités scénaristiques, quand le bouquin n’est pas dans le côté parodique/fun/burlesque. Les Deus Ex machina c’est bof. Bon, cela dit je ne jette pas le bouquin aux oubliettes pour un « tiens comme par hasard ». Mon degré de tolérance est plus élevé sur ce point (« ouf, vous dites-vous, sinon, qu’est-ce qu’il resterait ? »)

– la narration au présent et au « je » quand c’est par facilité. Je l’ai déjà mentionné plusieurs fois, mais le récit d’action qui se décrit en même temps qu’il se déroule, ce n’est à mon sens pas toujours réussi ni franchement cohérent.

Et vous, est-ce que vous avez aussi des choses qui vous font grincer des dents ? Qui font que vous et le livre, ça risque de ne pas coller ? Etes-vous sensible comme moi aux stéréotypes, fautes et langage malmené ? Quels sont les trucs que vous détestez ? Allez-y, exprimez-vous, ça fait du bien de le dire, parfois ^^

Pause Café #8 : Ce que j’adore trouver dans un livre

  • Un travail poétique sur le langage. J’entends poétique au sens étymologique du terme. Une création de langage, riche en vocabulaire, rythmes, sonorités… et qui sous-tend le récit.

Par exemple, j’ai lu cette semaine Printemps de funérailles d’Alexandre Fritz Karol. Et j’ai eu le plaisir de lire des phrases avec des subordonnées relatives et… une concordance des temps respectée (avec des subjonctifs passé dans les relatives ! Le rêve) ! Une conjugaison française maîtrisée, associée à un langage de charretier d’un personnage, qui aurait trouvé sa place dans un scénario et un dialogue d’Audiard : ça marche très bien.

Dans Le désert des couleurs, c’est le langage qui crée le désert sur la page (ondulation des phrases comme les dunes du désert…). Autre exemple : dans certains passages de Diamants, selon que Vincent Tassy veut traduire la folie de ses personnages ou le vide ressenti dans leurs cœurs, les phrases tantôt s’enchaînent dans un rythme effréné sans ponctuation, tantôt sont déconstruites au maximum, sans verbe, jusqu’à n’être plus que des mots disposés sur le papier, seuls, isolés. On voit bien ici qu’il y a une différence entre écrire « tel personnage est fou » et créer une folie textuelle (qui ne dit d’ailleurs jamais que le personnage est fou). Je trouve ça brillant. Ca m’émerveille à chaque fois.

  • J’aime également beaucoup le topos de la déconstruction. Quand un écrivain arrondit les contours tout lisses d’un genre, d’un schéma narratif, d’un personnage… Par exemple, quand un roman se fait poésie en prose ou scène de théâtre ; lorsqu’une une narration est cassée dans sa linéarité par des récits emboîtés, flash-back et anticipations ; ou quand un narrateur omniscient brise l’illusion romanesque en intervenant dans son récit…
  • C’est un peu lié : la thématique de la limite, de la frontière… me plaît tout autant. C’est pour cela que j’aime énormément le fantastique (limite entre réel et surnaturel, sans pouvoir basculer d’un côté ou de l’autre) et l’urban fantasy (du surnaturel planqué dans les dessous d’une ville réelle – égouts, métro… et caché aux yeux de tous).

Evidemment, j’aime des ambiances, des atmosphères en particulier… mais je peux apprécier quelque chose qui me sort de mes habitudes aussi.

Qu’est-ce qui vous plait le plus dans un livre ? Avez-vous aussi comme ça des aspects que vous adorez trouver dedans ? Ou alors, ce qui vous branche le plus, c’est sa capacité à vous surprendre complètement sur n’importe lequel de ses aspects ?

Blanc/noir… et les nuances de gris, alors ?

Alors vous pourriez penser, à ce stade, que j’ai dans ma tête un calepin où je checke chaque point. Une faute, hop carton rouge. Un joli mot de vocabulaire, ah tiens, allez, une image. Et si pas de joli mot, hop, second carton rouge.

Mais non, je vous rassure, ce n’est pas ça du tout.

Il m’arrive bien souvent d’être surprise, de m’engager sur des sentiers que j’aurais cru ne pas être faits pour moi (je lis pas mal d’horreur ces derniers temps, moi qui pensais être une méga flipette et donc complètement insensible à cette littérature). Et même, il m’arrive d’apprécier des bouquins qui contiennent pourtant des trucs que je déteste !

Vous est-il déjà arrivé, tiens, d’apprécier un bouquin qui pourtant contenait quelque chose que vous n’aimiez pas du tout, mais vraiment pas du tout ?

Moi ça m’est arrivé (mais oui, comme quoi !).

Récemment, avec Glace de Christine Féret-Fleury et Bordeterre de Julia Thévenot.

J’ai détesté la narration au présent et au je dans Glace, et les dialogues typiques du parler oral des ados dans Bordeterre. Malgré tout, certains éléments m’ont beaucoup plu, suffisamment pour que je garde un souvenir assez bon de ces livres (un souvenir pas foufou non plus mais pas mauvais comme j’aurais pu m’y attendre). C’est notamment le cas de la superbe ambiance glaciale pour le premier, avec une écriture mimant l’ambiance, et un personnage déconstruit au maximum. Quant au second, c’est la réécriture de la Révolution avec l’arrière-plan musical qui m’a beaucoup plu, offrant un second niveau de lecture.

Bon, j’ai l’air d’être hyper rigide, mais pas tant que ça finalement 🙂 Je suis curieuse de savoir si vous avez des petits trucs qui vous hérissent le poil ! Et si secrètement, vous espérez trouver dans vos lectures un petit quelque chose que vous adorez particulièrement. Je sais que des lecteurs apprécient beaucoup trouver de la diversité dans les personnages. D’autres aiment un imaginaire qui prend à bras le corps les questions sociétales, politiques, écologiques… du moment, en les transposant. J’ai très envie de connaître ce qui fait pétiller vos yeux pendant une lecture, et au contraire ce qui vous fait râler (ne niez pas !). Pour cette Pause Café #8, racontez-nous tout !

13 commentaires sur “Pause Café #8 :En littérature, j’aime… / j’aime pas… !

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  1. Intéressant ce sujet ! Comme toi, je ne supporte pas les fautes de français et les typos dans un livre publié. Ça me sort tout de suite de ma lecture et en général, je pose le bouquin. Mais contrairement à toi, la plupart de mes coups de cœur n’ont pas forcément une écriture très recherchée : j’ai beaucoup plus de facilité à m’immerger dans une (bonne) histoire lorsque l’écriture est simple, claire, pour ne pas dire minimaliste, avec LE mot approprié (voire un peu recherché) qui tombe au bon moment. La clé pour moi, c’est la clarté et le contraste. J’adore les livres de Vincent Tassy par exemple, mais je trouve souvent son style trop riche et ampoulé et je mets des mois à finir ses livres ! Alors que si l’écriture était un chouïa plus élaguée, j’aurais moins de mal. Je suis plus attirée par le « fond » d’un roman (l’histoire) que par la forme. Mais il ne faut pas que la forme desserve le fond non plus… juste qu’elle se fasse un peu oublier. Cela dit, je trouve ça génial d’avoir des expérimentations et des techniciens en littérature !

    1. Ohhh non non non non, je m’insurge, l’écriture de Tassy n’est pas ampoulée ^^ Je ne suis pas d’accord 😀
      Bon, je comprends ton point de vue et ce que tu veux dire. Si tu aimes les écrits assez élagués et minimalistes dans le style, je comprends que tu aies du mal avec Tassy.
      C’est vrai que l’histoire pour moi est un peu secondaire, mais comme tu le dis, le fond et la forme doivent fonctionner ensemble. D’ailleurs, les écrits de Tassy me séduisent sur les deux aspects aussi.

      Merci pour ton retour et ton témoignage 🙂 On a des attentes différentes dans le style d’écriture, mais malgré tout on se rejoint, sur la qualité de celle-ci, et sa manière de servir l’histoire !

      Et ah les fautes. En général je vais au bout quand même, et maintenant je préviens l’éditeur en off. Je pense que c’est important qu’ils aient des retours sur ce sujet, parce que je vois trop passer de bouquins qui ne sont pas suffisamment relus.

  2. En ce moment c’est plus des thématiques que je fuis, en particulier celle du feminisme 😅 parce que ça me gave de voir tout le monde l’aborder ce qui fait que dans cet océan je n’arrive plus à voir qui le fait par conviction et d’autres par intérêt parce que c’est LE sujet du moment à ne pas rater. C’est parfois mal fait aussi, amené avec de gros sabots sans subtilité. Parce que c’est cool et vendeur. Bref du coup je fuis le féminisme pour le moment. J’espère que tu vas pas me bannir pour ça 😅

    1. Oh non je te rassure, je ne vais pas te bannir ^^
      Je comprends ton point de vue en plus. J’apprécie comment la littérature s’empare de sujets sociétaux contemporains pour faire bouger les lignes. Toutefois, je suis comme toi agacée par la façon dont certains bouquins le font. On a l’impression parfois que ces sujets sont des prétextes, qu’ils sont intégrés dans le bouquin parce qu’il faut, et ça manque de profondeur, de recul.
      Donc je comprends tout à fait ce que tu veux dire et je comprends que ça t’énerve !

      1. Merci à toi de comprendre mon point de vue. C’est pas toujours évident de le faire comprendre par certains lecteurs 😅 j’ai toujours un peu peur quand je parle de ça

        1. Je comprends que tu puisses hésiter à partager certains points de vue que tu jugerais à contre-courant. Mais chacun ses idées, et dans la mesure où tu argumentes ton point de vue, dans le respect et l’écoute d’autrui, je pense que tu peux exprimer ta pensée.
          Cela dit, tout ça c’est bien joli, mais je suis comme toi ^^ J’ai certaines positions, sur certains sujets, que je sais être assez, heu, différentes ? et que je n’ose pas encore exprimer tant je redoute les réactions. Certaines de ces idées figuraient dans ce billet, et puis craignant une volée de bois vert… je me suis auto-censurée.
          Parce qu’on sait bien aussi qu’en général, un débat entre personnes qui ont des avis différents (surtout sur ces sujets très à la mode, comme tu le dis si bien), tourne à la baston générale…

          1. Oui je comprends ce que tu veux dire. Certaines personnes plutôt ouvertes sont parfois si tranchées sur leurs idées qu’elles en ferment le débat en fait.

          2. oui… tu vois, je pense que je suis comme ça sur un ou deux sujets.
            Alors, dans ces cas-là, je préfère ne rien dire, pour ne pas risquer que ça tourne au vinaigre, ou d’imposer mon avis sans m’en rendre compte à la personne.
            C’est d’ailleurs pour ça qu’un sujet que j’avais prévu pour cette pause café tarde à venir…

  3. Bonnes questions !! Aux multiples réponses selon le moment.

    Ce que j’aime : les romans chorals, les narrations déstructurés, les changements point de vue.

    Et donc ce que je n’aime pas : la linéarité !

    1. Ah, chouette, un +1 pour la déconstruction ! 🙂 tout à fait d’accord avec toi, c’est beaucoup plus rigolo, et passionnant qu’un récit linéaire en ligne droite… !

  4. Je te rejoins pour les coquilles : autant je peux laisser passer s’il y en a 1 ou 2, même si ça a tendance à me sortir de ma lecture (un peu comme un caillou sur lequel on buterait lors d’une charmante promenade), mais quand le livre en est truffé, c’est très mauvais signe quant à mon appréciation de lecture finale !
    Côté j’aime pas, les événements ou détails trop tirés par les cheveux, tellements gros qu’on y croit pas.
    Les thèmes comme le viol ou la pédophilie, surtout ce dernier, je ne supporte pas – je suis beaucoup trop sensible et c’est un thème trop dur, qui brise trop de personnes dans la vie réelle, pour que j’ai envie de les retrouver dans la littérature de fiction. Ne parlons pas des livres gores ou trash, que je fuis aussi parce que trop sensible pour les lire…
    Les scènes de sexe qui tombent comme un cheveu sur la soupe ou qui donnent l’impression de sombrer dans le voyeurisme porno. J’aime bien les romances pimentées, ce n’est pas là le problème, mais pour citer deux exemples :
    – Les prédateurs de Strieber : ça partait pourtant comme un roman sur les vampires original et bien sympa, mais le coup du couple qui tout à coup, se lance dans une partie de jambes en l’air alors qu’une vampiresse est en train de défoncer leur porte, euh…. pardon ? Mais qui a envie de faire ça dans pareille situation ?
    – La première femme nue de Christophe Bouquerel : la biographie romancée de Phrynê, hétaïre (=prostituée grecque) qui a marqué l’Histoire artistique pour avoir posé comme modèle pour le sculpteur Praxitèle. Le roman partait très bien, on sentait la culture hellénistique de l’auteur, mais alors les scènes de sexe… je veux bien qu’on parle d’une prostituée, mais j’avais la désagréable impression de lire les fantasmes de l’auteur et j’ai finit par abandonné le bouquin.
    Bref, quand c’est bien écrit, cohérent avec l’histoire, et qu’il n’y a pas de détails trop crus, oui, sinon, non.

    Côté j’aime : ça va être rapide ! ^^ J’aime quand un livre m’emporte, ou me surprend (en bien), quand il me fait réfléchir ou m’émeut, bref, quand il a remplit son contrat de m’emmener aux côtés de ses personnages ! 🙂
    Si j’apprécie les plumes travaillées, poétiques, avec des références subtiles, il m’arrive aussi d’aimer des livres au style plus simple, tant que je m’attache aux personnages, que l’histoire m’alpague, c’est ce qui m’importe.

    Merci pour cette nouvelle pause café ! 🙂 Je suis un peu plus rigide que toi au niveau de mes exigences, mais ça vaut mieux pour ma PAL ! ^^ »

    1. Mais ouiiiiii! La question du viol et des agressions sexuelles revient régulièrement dans mes interrogations.

      Il n’est pas rare que je tombe sur une de ces scènes dans les bouquins. Je n’aime pas ça du tout non plus. Ca devient systématique. J’imagine que c’est pour en parler, pour rendre visible l’horreur réelle de ces actes.
      Je comprends… mais j’aime aussi en littérature m’éloigner de la réalité.

      Et je te rejoins aussi sur les scènes de sexe, ça m’est déjà arrivé de lire un bouquin où j’ai l’impression de lire les fantasmes de l’auteur ou de lire une scène voyeuriste et complètement invraisemblable digne d’un mauvais porno. Les exemples que tu relèves sont révélateurs. J’avais ressenti ça avec La voie du cygne. Pas une seule femme qui ne finit pas nue et violentée dans ce bouquin. J’ai trouvé ça très malsain.
      Et c’est assez drôle, car quand je relève ce type de passages à mon compagnon, il s’exclame toujours « encore ?! ça faisait longtemps ! Mais c’est une obsession chez les auteurs !! » tant c’est vraiment fréquent.

      C’est dommage car tout n’a pas besoin d’être dit et montré pour être savoureux et sensuel. Au contraire, d’ailleurs.

      Effectivement, tu as plus de critères pour apprécier ou non un livre ^^ comme tu dis, tant mieux pour nos piles à lire oui… !

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