M.R Kowal – Vers Mars

Second volet de la saga de Lady Astronaute, Vers Mars de Mary Robinette Kowal poursuit les aventures d’Elma York, après l’opus précédent Vers les étoiles, que j’avais beaucoup aimé. Il se place avant le recueil de nouvelles Lady Astronaute. Paru en VO chez Denoël (collection Lunes d’encre) en octobre 2021, ce tome nous emmène plus loin dans l’espace, tout en gardant les mêmes recettes qui avaient fonctionné dans le premier tome. Alors après cette lecture tant attendue, verdict : stop, ou encore ?

Synopsis

« Alors qu’une sonde robotisée se pose enfin sur Mars, prélude à une première mission habitée vers la planète rouge, Elma York embarque à bord de la navette qui la ramènera sur Terre après une affectation de trois mois sur la Lune.

Mais le retour ne se passe pas comme prévu : un incident contraint son appareil à se poser en urgence dans un champ désert, loin du lieu d’atterrissage initial. Un groupe de terroristes appartenant au mouvement Earth First en profite pour prendre en otage l’ensemble des passagers du vaisseau. Leurs revendications sont simples : l’arrêt de la conquête spatiale et la réaffectation du budget à la survie sur Terre.

Est-ce que cette action violente va ruiner tous les espoirs de la Lady Astronaute d’aller sur Mars ? »

On prend les mêmes, et on recommence

Un sentiment de déjà vu : c’est ce qui a prévalu pendant toute ma lecture. L’effet de surprise provoqué par Vers les étoiles est passé, et là, j’ai la sensation d’avoir eu la même chose, version Mars.

Même structure : des chapitres introduits par des brèves d’actu, une intrigue qui, par mimétisme, suit le cours ascensionnel du vol vers là-haut, un récit-voyage-journal de bord. OK on est plus beaucoup tôt dans l’espace dans ce roman. Mais le voyage est davantage centré sur la manière dont vivent ensemble les personnages.

Mêmes personnages, qu’on retrouve égaux à eux-mêmes (Elma vomit toujours, Parker est toujours un con), mais qu’on apprécie voir évoluer et plus intimement creusés (les failles de Parker par exemple). D’autres viennent compléter le tableau de ce huis-clos spatial.

Et des thématiques chères à l’autrice toujours au centre : l’écologie à travers les phénomènes météo toujours plus destructeurs (petit avant-goût fort réaliste de ce qui nous attend demain), la lutte contre les inégalités (la place des femmes, le racisme généralisé, et la fracture qui se crée avec les victimes de la chute du météore, par le biais de l’organisation Earth First), avec une uchronie en arrière-plan. Mais j’ai trouvé l’approche de ces thématiques moins fine dans cet opus que dans le premier, notamment toutes les questions sociales avec certains personnages assez caricaturaux.

Sympathique, mais…

Alors c’est sympathique à lire, oui. Un huis-clos avec ses moments dramatiques et ses moments cocasses. Toutefois, j’ai trouvé le tout assez monotone cette fois. Le récit m’a semblé très lisse, avec peu de suspense, peu d’effusions, peu d’éclats. J’ai trouvé que tout ceci manquait… de panache. Je n’ai eu aucun problème à m’écraser le nez de sommeil sur les pages.

J’avais aimé Vers les étoiles pour son mouvement ascendant, qui nous amenait sur la Lune, apogée du récit. J’avais compris que l’intérêt du roman résidait non pas dans la destination mais dans le chemin. C’est la même chose ici, mais c’est comme le comique de répétition : la seconde fois ça marche moins bien. Etrangement, j’ai souvent oublié qu’on était dans l’espace. On est dans l’humain, le social, la psychologie. Ca a tendance à prendre toute la place.

J’aurais vraiment aimé mettre un pied sur Mars, nom d’une chouette. Honnêtement, je m’en fous de la tarte au chocolat de Mistinguette, des diarrhées de Pierre-Paul-Jacques et du récurage des toilettes (pas de lien cause à effet entre tous ces points) ou de la manière dont le regard de Truc concernant Muche change. Mention spéciale aux courriers codés entre Elma et son mari : une fois ça va, mais on n’avait pas besoin d’en avoir 36 dans leur jus… J’ai l’impression que l’autrice délayait ses propos, pour étirer le temps, et trouver quelque chose à raconter pour construire tout un bouquin sans parler de sa destination finale. Moi, j’aurais voulu voir comment ces humains allaient construire quelque chose sur Mars. Vous allez me dire, c’est pas le sujet. Oui, OK. Mais là, je me suis ennuyée ferme.

En pratique

Mary Robinette Kowal, Vers Mars

Denoël, Lunes d’encre, 2020

Titre original : The fated sky, 2018

Autres avis : L’ours inculte, qui a apprécié s’envoler assez tôt dans le récit; déception chez Apophis (qui l’a lu en VO). Un goût de trop peu aussi chez Céline du Pays des caves Trolls.  Contrairement à moi, Tigger Lilly ne s’est pas endormie sur son bouquin. Et Lune a adooooré (et j’espère qu’elle ne sera pas trop déçue… par ma déception – relative).

En bref…

Frustration donc avec ce second opus Vers Mars, combinée à une impression de déjà vu qui m’a endormie. Un roman que j’ai trouvé malgré tout agréable à lire, ne serait-ce parce qu’il est la suite d’une saga qui me plaît, mais qui ne restera pas dans mes annales pour autant. Si je ne pose pas le pied sur une étoile ou une planète prochainement, ça va barder. Je place tous mes espoirs dans le troisième roman de la série sorti en 2020, The Relentless Moon.

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